Voeux 2026 : Réflexion sur le numérique et le retrait des réseaux

Depuis des années, nous créons, écrivons, partageons — souvent avec passion et sincérité sur les réseaux sociaux. Pourtant, ce travail, cette créativité, ces fragments d’identité et de pensée nourrissent un système dont les fruits nous échappent. Les GAFAM accumulent données et profits sur des terres virtuelles, tandis que nous, utilisateurs, en restons les vassaux: producteurs bénévoles d’un contenu qui leur appartient plus qu’à nous. Car, si marchandisation il y a , il serait juste de rétribuer les vassaux virtuels que nous sommes.

Faire un pas de côté n’est pas un rejet du monde numérique, mais un geste de cohérence celui de reprendre possession de son temps, de ce que l’on crée, de remettre du sens dans la manière dont on partage par fidélité à une autre idée de la relation, pour ralentir, retrouver du sens, redonner de la valeur à ce qu’on partage et préserver cette part de liberté créative.

L’usage massif de l’IA, le catastrophisme permanent, la course à l’attention, la mise en scène permanente de soi, les fake news et la polarisation des opinions dessinent un théâtre où l’apparence prend trop souvent le pas sur la pensée. Là où l’algorithme dicte le rythme, la parole se fragmente, le doute se tait et le débat d’idées se réduit à des postures, pour ne pas dire des impostures. Pire, leur intrusion est devenue systématique dans nos vies biens réels et le flou devient la norme à l’échelle de l’individu et du collectif.

Alors, je choisis une autre idée du numérique, un web pour mieux écouter le réel, un web qui fait honneur au bien commun.. La suite arrive, différente, mais pleine d’élan. En attendant un retrait des réseaux s’impose à soi dans un monde où l’apathie continue son expansion à travers le numérique et s’infiltre dans nos usages et nos pensées.

Je nous souhaite, pour 2026, une année plus douce, plus libre, et profondément vivante… Merci à celles et ceux qui continueront de suivre ce chemin.